La maîtrise des langues étrangères et des nouvelles technologies est une des compétences incontournables, mais pas seulement.
Témoignage de Catherine Tresgots, assistante du CEO Europe continentale et Asie de Sage, 3e éditeur mondial de logiciels de gestion. Ses 15 années d’expérience d’assistanat de direction et un parcours professionnel éclectique qui l’ont conduite à l’enseignement et à la traduction, lui donnent un regard pertinent sur un métier qui a beaucoup évolué.
À quoi ressemble aujourd’hui le métier d’assistante de direction ?
On est bien loin de l’époque où la secrétaire tapait les courriers du directeur, timbrait les enveloppes et faisait des photocopies ! Le métier a beaucoup évolué avec le développement de l’informatique et des nouvelles technologies de l’information, qui a créé un transfert de certaines tâches basiques de l’assistante vers le directeur. Le rôle de l’assistante a donc davantage de valeur ajoutée, on lui confie des projets à part entière et elle est une interface entre les services, le pivot central de réception, de tri et de diffusion de l’information. Finalement, c’est un métier de communication.
Ce rôle de pivot en fait aussi un métier plus complexe ?
En effet, une bonne assistante de direction doit se sentir à l’aise sur des sujets variés : elle est en contact avec le service communication, juridique, informatique, achats… Elle doit aussi être capable d’avoir de bonnes relations avec des profils très différents, du prestataire qui s’occupe du ménage au top management. Pour cela, il lui faut faire preuve d’une réelle capacité d’adaptation. Cette diversité rend d’ailleurs cette fonction attractive pour les jeunes. S’ils sont prêts à s’investir, ils ne seront pas cloisonnés dans des tâches administratives répétitives.
Y a-t-il un cursus roi pour devenir assistante de direction ?
Le cursus classique est un BTS, mais beaucoup d’assistantes de direction ont fait des études universitaires en langues ou en droit, parfois une école de commerce. Quoi qu’il en soit, un diplôme n’est qu’une porte d’accès : le secret, c’est de ne jamais cesser d’apprendre. Plus on se sera construit un solide bagage au fil du temps, plus on pourra assumer un poste intéressant.
Quelles sont les évolutions en cours dans cette fonction ?
Le profil d’assistante polyvalente décline au profit d’une plus grande spécialisation dans les grandes entreprises : juridique, communication, maîtrisant deux ou trois langues… À l’inverse, dans les PME, on voit émerger des « office managers » qui vont assister la direction mais aussi s’occuper de la comptabilité, de la paie…
La dimension de management est donc bien présente ?
D’une certaine manière, vu notre rôle, on finit par « diriger » des gens sans être leur chef. Le fait d’être le porte-parole du patron induit un certain pouvoir qui doit cependant être manié avec tact. De façon plus officielle, dans les grandes entreprises, on confie souvent aux assistantes les plus expérimentées un vrai rôle de manager vis-à-vis des juniors.